
Je sais maintenant qui est mon voleur, et ça dure depuis le premier coup de pédale….A l’arrivée de l’étape du jour, (Ouarzazate/ Agdz) mon compteur affiche 92 km. Pas mal…. d’autant plus que j’arrive suffisamment tôt à Agdz pour me faire un tajine en terrasse. Mais j’ai quand même quelque doutes sur ma performance du jour. Certes j’ai fait des globules dans l’Atlas, certes je me suis reposé hier, certes à part deux trois coups de cul sévères la tendance était au plat, certes je me suis surpris à 39 km/h en côte, certes je suis chargé comme un âne (côté bagages), certes je ne suis pas parti spécialement tôt ce matin, certes je ne suis pas Virenque….alors pourquoi suis-je tranquillement à table alors que je devrai, en toute logique, encore suer sang et eau sur mon vélo??? Je scrute ma carte, mets bout à bout les portions de route, je demande confirmation aux gens du coin, le verdict est sévère, il n’y a jamais eu 92km entre Ouarzazate et Agdz mais à peine 71km. Je me suis fait reprendre aujourd’hui 21km et je ne compte pas ceux des journées précédentes !!!!!
Alors, je repense à la beauté des paysages et aux gens rencontrés jusqu’à présent. Ca vaut bien une vingtaine de kilomètres par jour. Je saurai maintenant que la taille de mes kilomètres est aléatoire et ça n’enlèvera rien à l’intérêt de mon voyage.
Sinon, le « plat » du jour était très minéral. Ce n’est pas encore le cœur du désert, mais ça commence à y ressembler. Dans ce paysage, lors d’une pause, j’ai fait un 360 sur moi-même et partout autour il n’y avait que du caillou et moi au milieu!!! J’ai encore parfois du mal à réaliser avoir osé partir seul avec mon vélo avec un plan de route des plus approximatif. Je suis bien dans mon voyage en solitaire, voyage où l’autonomie a pris rapidement le pas sur la solitude.
En chemin, un 4x4 de purs « vttistes forfait tout compris » de retour du désert s’arrête à mon niveau pour me féliciter de mon voyage. C’est bizarre, bien qu’un peu fier de recevoir leurs compliments, j’ai aussi l’impression de ne pas réellement les mériter. Je ne fais rien d’extraordinaire, je suis simplement en voyage.
Le soir, à l’auberge, je suis rejoint par un couple de cyclistes, on prendra la même direction demain, mais eux pensent faire un bout de chemin en taxi, pour moi ce sera du tout vélo jusqu’à Zagora . Abdu notre aubergiste m’a donné des tuyaux pour faire du dromadaire et passer une nuit dans le désert avec des Touaregs. J’ai bien conscience que ça ressemble à du « promène couillon », mais j’ai bien envie de me laisser un peu promener alors pourquoi pas, d’autant plus qu’ Abdu semble honnête et de bon conseil. « Avant d’arriver à Zagora, il faut savoir avec qui tu vas partir dans le désert…. » j’en aurai la confirmation demain. Il me dit même d’y aller avec mon vélo, car si les taxis sont prêt a venir te chercher dans le désert, le prix de la course est multiplié par 10 alors autant faire les 15km en vélo.
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